Devant la lune au revoir

Devant la lune au revoir

Le spectacle

« Elle est partie depuis longtemps Je ne lui ai pas dit au revoir Enfin si, je crois que j’ai prononcé lemot Mais dans mon coeur et dans ma tête, je ne l’ai pas laissé partir »

Lia a 9 ans quand elle apprend que Mimo va emprunter un chemin où elle ne pourra pas la suivre. Lia traverse l’annonce, l’accompagnement sur la route vers là-bas, et l’après… La recherche de son propre chemin.C’est devant la lune qu’elle fera ses premiers pas.

Pourquoi ce spectacle a-t-il été créé ?

La plateforme des soins palliatifs du Hainaut-Est souhaitait colorer la journée mondiale des soins palliatifs d’un spectacle tout public dans le cadre de l’opération « Vies en vol ».Sachant que celui-ci serait aussi présenté à un public d’enfants, elle a imaginé quelques chants pour plusieurs raisons : donner des moments de répit au spectateur dans un temps lourd d’émotions, aérer le texte, poursuivre un fil d’espoir.


Le contenu

Devant La Lune AfficheL’héroïne

Il s’agit donc de deux soeurs, Lia et Mimo qui ont 9 et 11 ans.
Elles sont très liées et partagent beaucoup de choses ensemble.
Au cours de l’histoire Lia verra sa soeur de plus en plus malade, entendra l’annonce d’une issue fatale, vivra sa mort, l’éprouvera pour chercher ensuite à se reconstruire. A travers ce trajet, plusieurs thématiques sont abordées.

Le lien qui unit deux êtres

Le lien évoqué dans ce texte est très fort. Il est le lien qui unit deux soeurs qui est ici sublimé par une amitié et une réelle complicité. Le secret partagé vient souder et marquer au fer rouge l’exclusivité de la relation et les frontières générationnelles. La manière de « s’approprier » la mort du défunt est teintée de cette unicité de lien.

L’imaginaire

Le jeu imaginaire marque son empreinte à travers tout le texte.
« Jouer à être une étoile et à partager le monde de la nuit et du ciel », c’est le début du texte. Mimo et Lia jouent à deux, créent de la complicité, affrontent ensemble le monde de la nuit (sommeil, mort, rêve, inconnu…)

L’appréhension : quelque chose de grave va se passer

Dans son monde d’enfant, Lia sent que sa soeur va vraiment mal et refuse de l’admettre. On perçoit son impuissance, l’impuissance des médecins.
L’impuissance qui renvoie à la solitude que Lia cherche à combler par le « faire semblant ».
A ce moment, à ce moment précis, la petite fille de 9 ans SAIT ce qui est entrain de se passer, et ce, sans que personne ne lui aie rien dit.
Mimo sait aussi qu’elle va mourir.
Elle l’annonce à sa soeur.
Mimo pense à sa propre mort, mais aussi au chagrin de ses proches.
Mimo parle de vent fort et doux, elle a déjà métaphorisé ce qui va lui arriver, elle en parle avec douceur.

Le refus de la mort

« Partie sans moi, ça ça se peut pas »
Etape « classique » dans le processus de deuil, le refus de la mort tient un des premiers rôles. S’y ajoute ici une autre dimension qui est ne pas pouvoir laisser partir le défunt seul.
« Emmenez-moi, sur le même chemin qu’elle ». Il s’agit ici de « négocier » le départ. D’accord elle part, mais je pars avec elle. Cette étape est à distinguer du sentiment de colère (qui est aussi une manière de refuser la mort)
Ici il est d’avantage question d’incompréhension, d’état d’hébétude.

Les rites funéraires

Deux dimensions sont ici évoquées.
Le rite en lui-même : le décorum, le cercueil, les couleurs du deuil et l’émotion que cela suscite. Pour l’enfant, la boîte en bois sent bon, elle trouve les couleurs jolies. Elle est cependant perturbée quand on lui demande de dire au revoir et quand on ferme la boîte car l’après lui pose question.
Pour l’adulte, on retrouve un code de conduite prédéterminé selon l’événement de vie qu’il rencontre.

La tristesse

Réalité du manque. « J’ai toujours été partout avec toi, quel chemin faut choisir,… »
Réalité de l’absence. « ca veut dire quoi être morte, qu’on se verra plus jamais ? »
Non désir de poursuivre sa route sans l’absent. Abattement.
Incompréhension du présent.

La culpabilité

« Si elle est partie c’est de ma faute »
L’histoire raconte un départ dû à une maladie, qui ne peut être nourri d’aucune faute et pourtant, la culpabilité s’exprime.
Continuité du lien (si je continue à m’en vouloir je maintiens l’évènement vivant, je maintiens l’être vivant, proche)?
Sentiment que c’est quelque chose de réversible si on trouve une origine ?
Autre moyen de négocier le départ ?

Le sensorialité

La sensation que le mort n’est pas tout à fait parti, de le sentir de le voir, et les sentiments d’envie que cela continue et la peur que cela engendre.

La colère

Autre étape incontournable dans le processus de deuil, la colère est ici exprimée.
Refus d’accepter l’inacceptable, refus aussi de continuer à faire sans l’absent.

Le tiers qui fait voir les choses autrement

Dans le texte, la rencontre avec la dame au cerf-volant et le cerf-volant en lui-même.
Le cerf-volant symbolise ce qui est là et qui peut partir : on peut voir le cerf-volant, mais il peut aussi partir de notre champ de vision.
Est-ce que le cerf-volant a une vie en dehors du champ de vision ?
Est-ce que les morts nous appartiennent ?
Est-ce que la mort est un choix ?
La dame au cerf-volant met des mots sur tout cela et permet d’aider à la symbolisation. Elle permet aussi l’expression de l’enfant.
Elle permet surtout l’ouverture aux questions, à l’élargissement du vécu de la mort uniquement dans la perte.

L’objet transitionnel

Mimo vient de Mimosa, mimosa est une fleur. Lia se met du parfum de fleur, elle continue son chemin avec Mimo, mais d’une autre manière.


Accompagnement musical

Guitare, chant.


 

L’équipe artistique

Cécile Crispin

Ecriture, conte et chant

Conteuse et psychologue, psychologue et conteuse.

Le ton est donné. Choix de contes qui parlent au coeur et au psychisme, ouverture vers le lien social, importance du dire et du geste pour chacun, voilà ce qui l’anime.
Médaillée de la Région wallonne et de la communauté française pour sa grande distinction en déclamation, elle s’intéresse au croisement des médias.
Cécile conte depuis presque 20 ans sur scène, dans la nature, dans de multiples infrastructures.
En 2012, elle crée la Maison du Conte de Charleroi. Elle coordonne l’équipe jusqu’en 2018.
En 2019, elle crée sa propre structure « les mots dansés », et se plaît à collaborer avec des professionnels d’autres disciplines tels que des danseurs, musiciens, graphistes.

 

Dossier et fiche technique


Imprimer   E-mail